DEPOT DE PARTICULE DE TROP.
Arno d’escampette.
L’automobile à l’auréole bleuie bifurque, pour mourir sans identité. Vers le nord. Pas un mot de l'inspecteur du soudain écart des conduites.
A l’appartement, Pierre n’a pas encore franchit le cap. Seul ; je suis seul. Quant à son parfum, il imprègne les tissus, les murs, les jointures. Effluve masculin à phérormone femâle.
Et ma chère sœur.
Mystérieuse et romantique à l’extrême, elle s’est échappée, a fuit l’univers, dès qu'elle avait trouvé le courage. Défenestration mentale où simple rejet des sociétés, à l’image du monde.
La sonnerie du téléphone s’étire à travers la pièce ; m’arrache à mon évasion subaquatique ; équipé d’un peignoir de soie, le poil humide, et la mèche guerrière :
─ Driss, c’est Arno ! Un problème est survenu. Je suis en bas. Retrouves-moi dans dix minutes.
─ Le temps du séchage, de me vêtir et je suis à toi !
L’inquiétude reprend son droit.
La course à l’habillement bat son plein.
Comme prévu.
Temps imparti.
Je me trouve au chevet du bâtiment. D’angle, le chevalier s’impatiente, calé dans son siège. Les mouvements saccadés trahissent le calme dut à l’attente. En ouvrant la portière, la fumée agresse
mes papilles pupillaires. Constat spontané, de mémoire de sourd, cela fait quelques mois qu’Arno avait stoppé sa quête vers un cancer prématuré. L’instant se fait grave. Amertume de par l’érosion
des sentiments.
Sans mot dire, il amorce, laissant trace sur le pavé parisien.
S.A.R.I.J. 3ème ...
Le round n’est plus à l’attentisme.
La traversée du rez-de-chaussée s’exécute en une valse chahutée. Les toisons bleues, à l’inverse des autres visites, ne sont que blousons sans tête, ni pied ni main. Les tintamarres sont bruit de
fond, comme quand la mer retentit dans un coquillage usager, récolté sur une plage à épreuve nucléaire, et placé négligemment par la suite sur une étagère d'un salon à l'abandon.
Le premier étage, fidèle à son charisme ; pilote sans copilote.
Dans le bureau, l’heure est d’interrogatoire.
Non droit au mouvement.
Les poings liés aux paroles :
─ Les collègues ont prit leurs responsabilités dans le XVIIIème. Copie conforme à la rue Turbigo. Même désastre ; même ambiance. Sois-tu me caches une part de vérité ? Soit un être dérangé,
s’acharne sur ton entourage ?
─ …
─ Ton ami Persiflor s’est vu gracié, et renvoyé auprès du puissant. Du peu d’élément traité sur les lieux, on en déduit que l’auteur est de la partie. Jumeau dans l’apparence ; dans l’acte.
─ Tu prétends que Valentin s’est échoué au même titre que Julie ?
─ Du côté protecteur, on a rien trouvé. Les huiles sont paniquées. Deux meurtres en peu de temps, acte violent au possible dans des arrondissements d’opposés. Ça ne c’est plus vu depuis
longtemps.
─ Que dois-je pour ma part ? Mes amis sont décimés les uns après les autres. D’ici peu, ma vie va être l’étude… journalistique. Chaque élément est à votre portée, dédié par mes soins ; autographe
en prime.
─ Je vais mettre de l’ordre. Pièces manipulées aux fins de responsabilités.
Par le hublot, la lune perse à nuit, l'arcane. Un faisceau dont la sphère lumineuse s’octroie une place à l’ombre, au cœur de la volière. Le décollage n’aura pas lieu sans train d’atterrissage
(imaginaire catastrophe).
D'apparence, le tapis blanchâtre s'exalte sur des microns-kilomètres. Le craquèlement de mes airs nases claironne dans l’allée Beaubourg, à travers le froid, vêtu du vent ibérique. A l’hôtel
commissariat, revendications syndicales auprès des pantins du fonctionnariat. La paix éternelle ; une seule, unique nuit.
Même au protecteur.
Sans merci, à peine à dieu.
A l’appartement, Rosa roupille au fond du duvet cent pour cent synthétiquement naturel, à même le sol. Pierre hulule d’un ronflement à l’étuvée. Pour moi ; le jus d’orange qui s’écoule le long de
mon œsophage, restaure mon estomac. Et pour parfaire la vidange quotidienne, de front, je frappe la cuvette. De ce fait, la cabine de douche goûte à la pollution. Le savon décrasse une peau
frémissante sous les coups de paumes.
Par finition instantanée, la brosse à dents gratte l’émail. Le fluor combat la rudesse par assouplissement des gencives. Pyjama sur peau, je retrouve la garrigue cotonneuse.
Incendie corporel du chevalier charmant.
Et moi, en simple accompagnateur.
...Extrait de L'autre...