Jeudi 12 juin 2008

Chers internautes et blogers,

Voici un an que la nouvelle Star 2007, en la personne de Julien Doré, a gagné.
Voilà un an que nous attendions la sortie de l'album de cet extra-terrestre de la scène française.
Voilà un an qu'il s'est fait oublier pour mieux nous revenir.

Voilà quelques semaines que le premier titre - "Les limites"- de son premier album -"Ersatz"- titille notre curiosité.
Voilà quelques semaines que ce même titre passe en boucle à la radio.
Voilà quelques semaines que l'ovni comble notre envie d'en entendre plus.

Mais ne vous en faites pas, l'album arrive, dès le 16 juin 2008.

Site de Julien Doré : http://www.juliendoreofficiel.com/blogmesite/

D.S.
Par Driss Sébastian - Publié dans : Clins d'oeil
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Lundi 2 juin 2008
REVEILLON DE L’ETRANGE.
24, la quantité suffisante afin d'accroître une réflexion surdimensionnée.
En ce jour de propagande planétaire, les enfants sont un excitant ; comme un amoureux devenu fou, ils croisent des petits hommes rouges à tous coins de rue, dans chaque tiroir fouillé, dans chaque nuage épié. Toutes les maîtresses du monde ne peuvent combattre ce fléau d’utilité publique, à même les trottoirs périphériques intérieurs. 
Il y a ceux qui prônent la fine bouche gastronomique à cinq cent francs le plat, agrémenté d’une cacahuète avariée et d’une coupe de blanc plus tout à fait sec ; il y a les pro-réveillonistes qui fomentent le plus grand complot jamais élucidé, à tout jamais éludé ; et les antis, accroc au passage à l’acte, d’une fenêtre ou d’une chambre d’hôpital. Pour les lauriers pathologiques.
Pour notre comité, c’est l’année de tous les défis. Une cérémonie à quatre épingles au coin d’un radiateur à bloc. Dépositaire des paillasses au vu des évènements récents et mortifères. A la santé d’une Julie et d’un Persiflor édulcorés.
L’Apéro est acerbe ; cassis d’amuse gueule. Vingt deux heures pointe le bout des aiguilles pour nous apporter l’entrée sous cloche ; des bouchées souveraines à mille calories par miette avalée. Dégustation lestée.
Le trou normand, l’idole des soirées. La pomme s’est momentanément transformée en sorbet caramel tendance pépites de chocolat, telle une cendrillon qui se grillerait la pilule dans un bal musette ou ses pantoufles de sept lieus croulerait sous un marbre, à renfort d’arsenic.  
Les cailles lardées n’ont pas ébranlé la vallée banlieusarde, de leur maigre voyage sous le soleil pollueur. Les quatre pattes en l’air pour levrette gustative. Le plomb dans l’aile relève leur fumet. Les quelques pommes de terre sauteuses labourent les pâturages sous instructions du général Brocoli. La sauce aux raisins pimente le flux des balles dans un no man’s land des porcelaines.
Pour le dessert, une charlotte synthétiquement chocolat. Boudoirs après boudoirs, les bouchées sirotent le rhum pour empoigner l’aspect casse-cou. La gelée framboise, pur phénomène aérien, oblique légèrement de droite ; vers l’extrême.
Nous, à l’unisson, votons une échappée hors territoire.
A scrutin déployé :
─ « L’Ordre établi »? entame Pierre.
─ Top tendance certes, mais par trop loin irradié.
─ Ok ! Un night club d’ordinaire, renchéris-je.
Acquiescement généralisé.
─ Le style est trouvé, reste à choisir le lieu. A évènements passés, repos mérité.
─ Je chauffe les bougies et vous conduis dans un lieu connu de moi seul. Hors milieu ; hors zonage, conclut Arno.
De nombreux intermédiaires, Arno côtoie les soirées parisiennes. Chaque recoin lui est propre. Enfantin.
Après ravalement.
Nos faces, une à une, domptent l’automobile.
Tel un torero au centre de l’arène, Arno défie la bête. Dans le box, l’adversaire, bestial, prépare son plan d’attaque. A bloc, le taureau explose la barricade pour se retrouver face à notre compagnon, puis fonce vers le choc cyclonal. De par la foule et les largeurs fatalistes, il cherche compensation, celle qu’on ne distingue plus, loin des herbes haute. D’un geste olympien, Arno s’efface à l’effleurement de la soie, sans violence animale. Par l’acte de courage, le taureau pli, pardonne toute sottise à son rival ; passionné (patriotisme primaire).

Place Clichy...
L’agora règne au pied de l’olympe quand les partisans de l’ère nouvelle encerclent la zone. La neige n’accompagnera pas la nuit, solitaire à molécules extravagantes. Pour un soir, la déesse fait don de soi ; à tous les inhérents, les accrocs sociaux, les extravertis, les angoissés, les amoureux.
A l’abordage !
Le cabaret souille les portes d’une outrance dite comédienne. Sous les projecteurs éteints par tant de convenance. Par l’approche, ceux-ci figent leur badinage, pour répandre une luminescence sans gêne, arborant un afflux enthousiaste.
La remontée de la foule, ordonnancée entre les couloirs fibreux, s’opère sans faux pas jusqu’au toucher du gorille ; à l’entrée, pectoraux d’avant garde. Les hués, sans ola, nous parviennent aux oreilles. Sans attention, Arno glisse son attache à la brute, de service, escorté de quelques mots.
Je ne peux pas cheminer sans scruter ; tête dévissée vers la tendresse des personnages. Par acquis de curiosité. Plus en avant, le sas n’est qu’un rideau de satin, rouge vif.
La soirée, elle, placée sous l’égide de Maître Karaoké et des valses travesties. Miss Lee, en lettre d’or, symbolise le pendentif remis à l’entrée, devenu coup pour coup, billet des convives.
L’escalier s’arc-boute sur la paroi. De toutes ses pierres, il formule l’émotion des âges. En bas, renfoncement où le bar se pâme dut à la primauté de son dévolu. A la barre, le gentleman gargarise le public en l’exercice périlleux du lancer de shaker.
Le corps à corps des banquettes, tabourets, et autres parcelles assiégées, infimes soient-elles, de moquette, témoigne des destins ; transmission par frôlement cutané. Du pisseux au grabataire, en passant par l’inéluctable masse osseuse des personnages, matière graisseuse en prime, le mobilier relate (histoire d’ébène).
Dans la soirée, les voix baroques à souhait, s’entremêlent. Calfeutré en fond de siège, main sur le genou de Pierre, j’admire plus que le panorama. Son teint, au contact des luminaires, se porte sur une touche bigarrée ; un Dali en pleine période surréaliste où le maître renaîtrait de l’incinérateur pour portraiturer l’inachevé.
Le show vient d’être annoncé.
Isolation vers les vaines tissurales, accordant ma couche aux acariens du monde entier. Sans exception ; aucune.
Le disc jockey ralentit les sons pour laisser toute part au silence. Puis, soudain, d’une octave grand seigneur, le troubadour nous fait grâce des protocoles, et nous dévoile, sa rente quotidienne : « Retour du soleil levant… voyage au centre de la terre… une belle potion d’étincelle ! Miiisss Leeeeee !»

Le génie en son plus simple appareil habille l’obscurité. Dalida s’égare au centre de la scène. D’une douche théâtrale, le jet arrose la jarretière, et réconforte une poitrine avant-gardiste. Silicone de haute voltige.
Une mèche habille l’orée phosphorescente à contre courant, un visage, perfection d’évidence, s'assure au sein de l’échancrure. L’assistance susurre. Sur bande-sonore, cette voix ne peut être que le carbone vocal de la diva. Sans ombre.
Un genou, larmoyant, inonde les témoins. La conclusion est à hauteur d’un zénith intimiste. Pas un son ne traverse l’assemblée ; muette perfection. Instantanément, un son claque, d'énergie, relançant la mode du salut à l’ancienne où les semelles saisiraient le fer d’une tribune.
Remise à jour.
L'assemblée quitte le siège.
Ma sœur, quant à elle, avait fugué juste après la représentation, aux bras d’un gigolo de dernière fraîcheur. D’un coup d’œil, signe complice, la pièce était jouée à l’embrasure d’une chambre d’hôtel. Pour ne pas avoir à contempler l’autre, à jamais toujours défraîchi en l’aurore d’une mise en scène d’habitudes.
La salle, relaxée.
A même ses entrailles.
A petit feu.
Musique d’ambiance, flûtes asséchées, sont la cuirasse de sortie. Elles assiègent les quelques partisans pour la continuité, à l’aide de barrières. Loin de leur sort, ils spéculent journellement dans leur foyer des solitudes. Sans duvet, ils campent un set de table, une banquette. Décidés, ils cachent-cachent avec le videur de proximité, qui d’un éclat boursicoteur, d’investissements en investissements, devient au gré des départs, l’actionnaire originel.

Plus tard...
Je sollicite en forum restreint, la présence de Pierre et d'Arno, jusqu’au clash des machines. La nécessité d’entrevoir la pastèque de Miss Lee, aux fins d’encensement sans délimitation accessoiriste. Permettre à l’aura qui crèche à la surface de ma charnelle enveloppe, d’aspirer la marginalité du plus beau des combats ; à travers l’être.
Et là, Miss Lee bourgeonne hors de sa loge, sans camouflage.
Le naturel au galop, la masculinité à fleur de peau, c’est un gaillard plus que viril à mes yeux. Emoustillé, Pierre s’empourpre. Mon four, en échange, se voit accessoirisé de quelques couleurs, avec l'agréable sensation de faire grimper la température de mon thermomètre.

Du dehors...
Dans l’apparence, les étoiles harmonisent la colère dite nuageuse ; temps accessible, de par la main de Zeus.
Patron des patrons.
Petit courroux deviendra grand.
Pensée attractive.

...Extrait de L'autre...

Par Driss Sébastian - Publié dans : 1er roman
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Lundi 2 juin 2008

Glisse ton oreille !


A différentes étapes de ma vie, j'ai rencontré des personnages venant de tous horizons ; des beaux, des moches, des incultes, des culturés, des sympatoches, des lunatiques, des tendres, des hors-la-loi, des abruptes, et des autres.

De ces rencontres, il en ressort certains, mais toujours en comité restreint, que je couche délicatement dans le fond de ma boîte-à-amis. Tel un gardien d'un temple sacré, je garde la clé dans un endroit secret ; que je suis le seul à connaître !

Parfois, à quelques périodes douloureuses, j'entrouvre le couvercle de cet objet sacré. Et là, avec émotion, ils se mettent à s'articuler tels des pantins, et me font croire en l'impossible ; me font savoir qu'ils me sont chers.

Rapproche ton oreille Princess.
Un dernier effort.
Laisse les mots qui vont suivre s'y glisser... merci d'être... tout simplement !

D.S.
Par Driss Sébastian - Publié dans : Mes amis
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Lundi 2 juin 2008
EVEIL A LA VERTICALE.
Papilles granuleuses.
Dans ma vision ; le tablier en tour de taille, Pierre cabre les hanches devant un fourneau tout acquis à sa cause. Son jeu de jambes expulse les pulsations musicales a cappella. Une crêpe ricoche dans l’air, pour heurter la poêle coupable de déchirure sous plis, face recto. Amusé par l’attraction, mes coudes s’ajustent à l’horizontale pour irriguer le panorama, d’un arrosage niais.
Sifflé, il se retourne. La galette fait corps avec le carrelage, et le fuselage renvoie toute négligence au maître. Genou à terre, le vaurien expie la faute par matière grasse. Maladresse des grands jours.
Neuf-heure.
L’indécence s’exalte en lettre rouge sur le cadran. La sonnerie n’a pas d’écho sur la matinée. D’accoutumée, Alixe, clef en main, ne se plaindra pas. Vingt trois décembre 2000 ;  prise de l’auberge par les rebelles.
La mécanique s’efface face au sommeil.
Tous les matins ne coïncident pas ; près du soleil, à l’extrémité, le cosmos sommeille. On meurt d’avance, sans concurrence déloyale, de la journée qui se fait grâce. A même l’Europe, le temps, les cultures, les sensations, les sentiments, décalent. Comme ce papillon qui pète allégrement, et de son action le tiers monde est dévasté par une tornade ou un attentat, et ce à des milles de son grondement ! Inapte à l’affrontement d’un courroux fac-similé.
Le rapport matinal s’oriente vers le propos.
Un brin casse-gueule (non !?)
─ Le rêve devient chaque nuit un peu plus cauchemar, Pierre. Après les sous-sols, j’ai pu goûter à la terrasse d’un ring en plein ciel. Mon adversaire, Valentin. Forcément.
─ Fais appel à un spécialiste. Le décorticage peut être très constructeur par défaut. Pense-y
─Du coq à l’âne. C'est toi qui as dessoudé le gueulard ? Quoiqu’il soit arrivé, je te fais grâce. Tu vas à la fac ?
─ Je fais un break. Besoin de me ressourcer.
─ Sur ce, je t’enlève de l’épreuve à l’antagonisme. Et surtout. Surtout. Ne pose pas de questions !
La matinée déroule le tapis roue...
L’Orient Express libère le quai. Les fourmis s’accomplissent au loin, comme celle qu’on entrevoit sur le toit d’un building new-yorkais. Course à travers la ville ; la conscience en moins, la robotique en plus.
Un ciel au teint morne est de l’aventure. Le paysage déploie son attirail régional ; du premier choix. Le gris prédomine pour s’étoffer d’un vert amusé, à distance courte de Montparnasse. Le Paris jour, fait place à une banlieue bigarrée, celle d’un souvenir d'enfance où le boulanger pétrissait les pâtes, ensorcelé par le clin d’œil de la crémière, qui à son tour, battait le pavé, d’une côte de Provence ; à époque révolu, mémoire dissolue.
D’un kilomètre à l’autre, les villes deviennent communes. Les communes, un village. Le village, Versailles. L’hôte aux esprits… royalistes. Sur la rive, le Parisien disparaît sous l’aspect du paysan à la mutation trans-génétiquement urbaine.
Le château, grilles grandes ouvertes, reçoit son public. Par milliers, le touriste déambule à travers le dédale feuillu.
En double file, le TGV Versaillais.
Quelques centimes plus tard, l’interview n’a que son guide. Nous, assommés sous la traduction assommante.
En marge, l’étang artificiel par ses peuplades ; les oies domestiquées, les canoéistes sous anabolisants naturels, les galets acrobates, le plongeur solitaire, les barques touristiques.
Puis l’omnibus paralysé à l’entrée du village. De baraques à frites en snacks bars, les hivernaux grignotent non par fringale, mais par péché. L’odeur des gaufres ; messagère culinaire subliminale.
Sur un coin d’herbe, on délimite notre territoire. D’un jour ; celui où les culs communient avec le brin hautement verdoyant où le ver partage sa motte avec l’étranger au devenir familier où les fourmis, par troupes militarisées, deviennent l’itinéraire d’interminables amoncellements de fils morts pour la mie de pain (messie des castes).
Le firmament est facteur de bien-être, dont les lettres, à distance, mutent en un présage imposable. Les nuages, de leurs desseins, forent l’imagination du spectateur. Pour moi, ils se hasardent à des visages perdus, sauf combat, sur un champ de guerre où le gage se règle sans acompte. De Julie à Valentin, ma croix se personnifie (l'armée des ténèbres !).
Allongé, nonchalamment sur la tenture des frondaisons, Pierre somnole vers des idées plus claires. Les pantomimes ne sont pas du gaspillage sur son masque espiègle ; des paupières aux pommettes, via des lèvres mouillées.
L’attraction animale pilote mes sensations vers l’exclusion alentour. Mes mains conquièrent mon coéquipier. Mes lippes, son gosier. Le cou, les joues châtiées au même rang ; le plus intense. Sa peau soubresaute pour mettre une horde de poil ras, au fixe. Effervescence du tout.
Du lyrisme ambiant, le retour à la source prévaut. Les landes commerciales seront terrain de chasse. Le gibier frémit déjà par le simple d’esprit de nos pensées, à une dépendance à une drogue dure, dite fièvre acheteuse.

Le temps s'efface...
Du train au métro, le fossé est creusé. Sur l’appontement, le navire est amarré pour une durée de courte frénésie, à travers l’après-midi désertique ; par les indigènes civilisés.
De par les rapides, le monstre serpente. Très agile ; il croque la pomme du venin des arrivistes par les boyaux labyrinthiques, puis sectionne, sectorise, roule, des mécaniques.

Pour mieux nous assommer...
Parvis de l’Hôtel de Ville.
La voie sature de commerçants aux aguets à la conquête du pigeon lambda dit d’humanité. D’où le passage par les guirlandes fêtardes s’appariant avec le haut-parleur d’angle super strident. Conclusion ; du lampadaire d’intérieur aux patineurs s’exécutant sur un parterre à gratuité temporaire. Dispositif électoral à caractère antisocial. Mars en mire.
Côté pile, apparat de lumière pour le Monoprix Rivoli. Les agents de sécurité sont des pères-Noëls électrifiés ou le moindre sac et mouvements suspects font office de fouille dans les règles des arrhes (bonnet rouge, barbe blanche, tête d’enclume).
Etage par étage, les produits gagnent de l’importance. Notre choix, si choix étant, se centralise sur le sous-sol. Par compassion pour les denrées les moins valorifiques.
Panier plastique rouge à l’épaule, le passage d’obligation, se bâti par la caisse. Le caissier, peu farouche de son état, nous alloue du périodique rituel du paon en rut ou l’animal solde de tout compte, son outillage de drague (cible à revoir).
Le tapis déroule les aliments festifs. Chaque code barre scintille de mille feux.
Le bruit de fond ; les sacs plastiques où par tempérament sudiste, les poches, s’emplissent du désordre alimentaire ; le lait avec la mousse à rasée, la quiche faussement lorraine s’ébat avec le mini-slip, le camembert boude le dentifrice en tout point faux-derche, le temps d’un trajet. Ce au plus profond du réservoir plastifié.

Extra-muros, la polémique grommelle.
Les couloirs fraîchement délimités grillent la politesse aux riverains ; taxis, sprinters, chauffards, et autres cars de villes, de cause pour l’effet, sont les animateurs irréfléchis de la plus grande farce politique.
A jamais structurée.

...Extrait de L'autre...

Par Driss Sébastian - Publié dans : 1er roman
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Lundi 2 juin 2008

Clown moderne !


Délires impertinents ; deux mots symbolisant notre rencontre et nos caractères. Alors une réflexion surgit, sans explication ; rire, le plus beau des remèdes, surtout quand la personne au bout du câble, nous ressemble comme un clown.

Nos nez sont d'un rouge virtuel. Ils fleurissent notre vie et n'oublient jamais de nous consoler quand l'autre n'est pas là. Alors on repense aux coups pendards que nous avons faits aux autres. A des moments de la journée.

Rarement compris, nous funambulons alors sur le fil des plaisanteries. Et avec maîtrise nous passons au travers des médisances et des jugements.

Une dernière chose… reste le clown de mes souvenirs !

D.S.
Par Driss Sébastian - Publié dans : Mes amis
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Lundi 2 juin 2008
VETU D’UN COMPLET D’ESCALADE, ma chair recolle le mouvement ; vers le haut. L’escalier non mécanique s’extrait du néant. Plus bas le sol n’est plus. Une dimension où le rêve me prend. Sans discussion possible.
Alentour, la nature verdoie sous le forcing d’une chlorophylle si peu vivante. Sous hormone artificielle. Seul roi en son domaine, un géant sur trône se tient prêt à lancer le défi ; à offrir la vermine aux lions.
L'élévation me fait entrevoir que l’enjeu n’est que moi. A l’angle d’un virage quatre vingt dix degrés. Je suis le rituel. Le simple du rituel.
Les rayons sous X projettent mon image sous un dôme virtuel. Mon sourire s’éteint au contact de cet univers désincarné ; unité de cyclopes, de monstres pâles, de vers de ciel, de licornes castrées, de bras sans corps, de jambes sous morphines, d’ecstasys sauteuses, d’herbes sans cône. Sociétaires reliés par le câble… unilatéral. 
Le ring est une mélasse conditionnée. Le sang, noirci par le temps, recouvre le plancher vitreux. Les cordes ne sont que tripes (animalité humaine). Le ciel, lui ; l’enfer du décor. Les têtes couronnées, de fumée et d’éphémère, s’exhortent, tour après tour, pour déglutir les hooligans sous dénonciation.
La justice a enfin un visage, quelque peu royaliste.
L’arbitre.
De métal.
Boule robotique placée au centre de la place ; cousin de monsieur patate d’un vieux manga parodié. D’angle gauche, un lutin se pavane, une éponge au sommet des antennes. (gratounette à mesure d’homme !) Une flèche me signale qu’il s’agit de mon soigneur. Que mon camp est joué. Sans pile ; ni face.
Une fanfare hurleuse annonce mon conquérant. Goliath se matérialise. Le David du songe ne serait que moi. Le mythe rallie la légende pour mon propre plaisir. Remerciement aux concepteurs.
Pieds à terre.
Sa mobilité gondole les champs des possibles jusqu’aux métropoles avoisinantes. Le short à mi-fesse assoie la virilité du fléau comme quelque chose d’irrésolu, de contrefait. Son effigie m’est familière. La profondeur d’un Valentin ; d'un Persiflor doré sous les ondes d’un micro.
Amarré à des viscères intra-terrestres, je ne peux détaler l’irréalité. De mes canines et d’effets fumigènes, la trachée se broie. Le fluide arrose ma vertu belliciste, celle qui dans l’acte courageux s’adjoint les faveurs d’un arriéré posthume où d’une putain dorlotant les bourses politiques, à l’historique véreux.
Mes souliers de verre caracolent, sans tête, sur un arc-en-ciel carton pâte.

Modelé en la sueur du soir, mon baldaquin m'alloue ses draps.
De nouveau.

...Extrait de L'autre...

Par Driss Sébastian - Publié dans : 1er roman
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Lundi 2 juin 2008

A la recherche du bonheur !

Il était une fois…

Dans une contrée pas si lointaine, vivait un Bô sourire. Simple, naturel et éclatant, il évoluait à travers les hautes sphères ; accomplissant son devoir dentaire.

Un soir de pleine lune, sa mère, la reine, lui conta une singulière légende à l'accent authentique où il était question d'une jeune molaire enfermée dans une bouche autocratique.
Le lendemain, et avec accord royal, il enfourcha le tube de dentifrice le plus noble du royaume.

A force de volonté, et bien au-delà des frontières du nord, il trouva le visage de la bouche despotique. Et le supplia de libérer la jeune molaire.

Le faciès refusa ; alors le Bô sourire le défia en duel. Naturellement, le sourire vaincu et enleva du nerf de la bouche, la jeune molaire, ravie d'être l'objet d'une si tendre attention.


Plus tard dans le royaume, la légende vécu à travers les âges ; celle où ils se pacsèrent et eurent beaucoup d'amis... dans le royaume des sourires.

Par Driss Sébastian - Publié dans : Mes amis
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Lundi 2 juin 2008
DEPOT DE PARTICULE DE TROP.
Arno d’escampette.

L’automobile à l’auréole bleuie bifurque, pour mourir sans identité. Vers le nord. Pas un mot de l'inspecteur du soudain écart des conduites.
A l’appartement, Pierre n’a pas encore franchit le cap. Seul ; je suis seul. Quant à son parfum, il imprègne les tissus, les murs, les jointures. Effluve masculin à phérormone femâle.
Et ma chère sœur.
Mystérieuse et romantique à l’extrême, elle s’est échappée, a fuit l’univers, dès qu'elle avait trouvé le courage. Défenestration mentale où simple rejet des sociétés, à l’image du monde.
La sonnerie du téléphone s’étire à travers la pièce ; m’arrache à mon évasion subaquatique ; équipé d’un peignoir de soie, le poil humide, et la mèche guerrière :
─ Driss, c’est Arno ! Un problème est survenu. Je suis en bas. Retrouves-moi dans dix minutes.
─ Le temps du séchage, de me vêtir et je suis à toi !
L’inquiétude reprend son droit.
La course à l’habillement bat son plein.
Comme prévu.
Temps imparti.
Je me trouve au chevet du bâtiment. D’angle, le chevalier s’impatiente, calé dans son siège. Les mouvements saccadés trahissent le calme dut à l’attente. En ouvrant la portière, la fumée agresse mes papilles pupillaires. Constat spontané, de mémoire de sourd, cela fait quelques mois qu’Arno avait stoppé sa quête vers un cancer prématuré. L’instant se fait grave. Amertume de par l’érosion des sentiments.
Sans mot dire, il amorce, laissant trace sur le pavé parisien.

S.A.R.I.J. 3ème ...
Le round n’est plus à l’attentisme.
La traversée du rez-de-chaussée s’exécute en une valse chahutée. Les toisons bleues, à l’inverse des autres visites, ne sont que blousons sans tête, ni pied ni main. Les tintamarres sont bruit de fond, comme quand la mer retentit dans un coquillage usager, récolté sur une plage à épreuve nucléaire, et placé négligemment par la suite sur une étagère d'un salon à l'abandon.
Le premier étage, fidèle à son charisme ; pilote sans copilote.
Dans le bureau, l’heure est d’interrogatoire.
Non droit au mouvement.
Les poings liés aux paroles :
─ Les collègues ont prit leurs responsabilités dans le XVIIIème. Copie conforme à la rue Turbigo. Même désastre ; même ambiance. Sois-tu me caches une part de vérité ? Soit un être dérangé, s’acharne sur ton entourage ?
─ …
─ Ton ami Persiflor s’est vu gracié, et renvoyé auprès du puissant. Du peu d’élément traité sur les lieux, on en déduit que l’auteur est de la partie. Jumeau dans l’apparence ; dans l’acte.
─ Tu prétends que Valentin s’est échoué au même titre que Julie ?
─ Du côté protecteur, on a rien trouvé. Les huiles sont paniquées. Deux meurtres en peu de temps, acte violent au possible dans des arrondissements d’opposés. Ça ne c’est plus vu depuis longtemps.
─ Que dois-je pour ma part ? Mes amis sont décimés les uns après les autres. D’ici peu, ma vie va être l’étude… journalistique. Chaque élément est à votre portée, dédié par mes soins ; autographe en prime.
─ Je vais mettre de l’ordre. Pièces manipulées aux fins de responsabilités.
Par le hublot, la lune perse à nuit, l'arcane. Un faisceau dont la sphère lumineuse s’octroie une place à l’ombre, au cœur de la volière. Le décollage n’aura pas lieu sans train d’atterrissage (imaginaire catastrophe).

D'apparence, le tapis blanchâtre s'exalte sur des microns-kilomètres. Le craquèlement de mes airs nases claironne dans l’allée Beaubourg, à travers le froid, vêtu du vent ibérique. A l’hôtel commissariat, revendications syndicales auprès des pantins du fonctionnariat. La paix éternelle ; une seule, unique nuit.
Même au protecteur.
Sans merci, à peine à dieu.

A l’appartement, Rosa roupille au fond du duvet cent pour cent synthétiquement naturel, à même le sol. Pierre hulule d’un ronflement à l’étuvée. Pour moi ; le jus d’orange qui s’écoule le long de mon œsophage, restaure mon estomac. Et pour parfaire la vidange quotidienne, de front, je frappe la cuvette. De ce fait, la cabine de douche goûte à la pollution. Le savon décrasse une peau frémissante sous les coups de paumes.
Par finition instantanée, la brosse à dents gratte l’émail. Le fluor combat la rudesse par assouplissement des gencives. Pyjama sur peau, je retrouve la garrigue cotonneuse.
Incendie corporel du chevalier charmant.
Et moi, en simple accompagnateur.

...Extrait de L'autre...

Par Driss Sébastian - Publié dans : 1er roman
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Lundi 2 juin 2008

30 avril 2007.

Au bureau.
15 : 45.
La radio grésille.
Je règle les stations et tombe au hasard sur un flash spécial sur NRJ. Là, sans prévenir, ta mort est annoncée. Tu es tombé sous les coups de de butoir de la grande faucheuse et ce lors de ta dernière bataille. Ne t’en fais pas. Regarde plus bas… car même après ta disparition, tu fais parti des guerriers contre la maladie. Contre la mucoviscidose.
La mort t’a emporté.
Pour elle tu n’étais qu’un trophée de plus.
Elle qui n’ose pas prendre la vie des traîtres d’humanité. Mais comme eux, elle ne sait que souiller, salir, violer. Et fuir, sans explication ; laisse à terre, les amis, les proches et la famille de ses trop nombreuses victimes.
J’ai ton souvenir qui frappe à la porte. Celle d’un garçon discret. Tellement discret. Et pourtant, pendant toute une vie, cette saloperie a rongé tes systèmes respiratoire et défensif.
Le souvenir aussi de l’annonce de ton combat au premier jour de la Star Ac’… 4ème génération. Et là, telle une évidence, tu paraissais encore plus valide que les autres candidats. Encore plus valeureux.


4 mai 2007.
21 : 00.
TF1.
Ton visage apparaît dans la lucarne. Pour une émission – putain d’émission –, dédiée à ton souvenir. Des amis et autres connaissances partagent une parcelle de douleur à travers l'espace cathodique. Trop grande pour un seul être. Au poids trop lourd. Je ne connaissais pas trop l’artiste et encore moins l’homme., mais après quelques heures, j’ai redécouvert l’artiste et appris à connaître l’homme. Et quelle leçon de vie, de force, de générosité.

De vie… avec ton sourire flamboyant. Que tu distribuais sur les scènes de ta vie tel un ange.
De force… face à ta gêne et tes douleurs. Quand la vie prend le dessus rien ne peut l’arrêter. Tu étais, disons, un rouleau compresseur optimiste.
De générosité… pour toutes les personnes qui t’ont côtoyé. Les malades auxquels tu rendais visite, sans l'aide des médias. Les fans lors de tes concerts et sur les plateaux de télévisions. Tes amis et tes proches à n’en pas douter.

5 mai 2007.
18 : 45.
Une chambre dans la banlieue parisienne.
Je me résous à ton départ, comme bon nombre de personnes ayant appris la nouvelle cette semaine. Mais ton combat à travers la vie des autres malades, à travers le combat de ta famille, et à travers mes mots perdure.

Avant d’éteindre mon ordinateur, et partir vivre à nouveau ma vie, je voudrais te faire part d’un dernier message : la promesse que ton passage n’était pas vain !

Merci bel ange.

D.S.
Par Driss Sébastian - Publié dans : Drames
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Lundi 2 juin 2008
BLANC.
L’immaculé sonne la charge.
Les néons câlinent toutes pensées négatives.
Les blouses avancent sans fin, sans fondement.
Interminable marche à travers le dédale.

Bleu.
Roi des ténèbres.
Les murs en sont maculés ; comme si la mer, capricieuse, singeait le manque d’humanité des lieux, comme si, ce ciel-ci, n’aimait pas ses nuages.

Rouge.
Sang d’innocence.
Malades d’ignorance, seulement, le reste n’est pour eux que fatalité. Les urgences en ont leurs doses. Les internes, la même.

Porte en bois pour nom de fer.
Lettres gravées dans un écrin d’or. Le directeur bouscule son antre. Les sièges nous tendent leur bois face aux soldats grippés par tant de nonchalance. Mes fesses prennent soin d’effleurer le gendre de bonne famille.
Présentations édulcorées.
Stylo en main, moustache rocailleuse, lunettes studieuses, cheveux jaunis ; le toit du monde dresse la racaille :
─ Je ne vous serai d’aucune utilité. J’ai déposé lors de la visite des flics. Il s'agit d'une maladresse du service de sécurité. J’ai remédié dès le lendemain à cette faute, dite grave.
─ Serait-il possible de nous rendre sur place Professeur Malesherbes ! Cette affaire risque au bruit. C’est peut-être le curare qui aurait servi dans le cadre d'une enquête pour homicide.
─ Un acte de justice doit justifier de votre visite, non ? Sans mandat…
─ Professeur arrêtait toute condescendance. Les films sont votre conscience. Par malheur, la victime n’a pas eu la chance de mourir… à blanc. Coopérez dans l’intérêt des familles. Professionnellement parlant, dégainant un clin d’œil ciblé sur le rabatteur.
─ Je ne sais pas ce qu’il vous faut. Un équipage est venu. Comme le rangement avait été fait, ils n’ont pas trouvé bon d’un relevé d’empreintes en règle. Trois semaines passent. Et voilà qu’un apprenti flicard réveil le service par pur état d’arme.
─ Coopérez Malesherbes. Pour l’entente des familles.
─ Veuillez prendre la poudre. C’est pas un bordel dont je suis souteneur, mais de destinées sur le fil, et ce par charters. Broderie par complaisance. Comprenez-vous !
Le costard mal engagé irrite l’inspecteur. Toute fierté en façade, il s’apprête à l’acte. Le fâcheux. Celui d’un plan de carrière à dépérir loin de la blonde ; tout, sauf, dans un jardin sudiste : le hamac à dos, les cigales à l’oreille, l’apéro sous papilles. Maintenu par le bras, le regret aux bords des lèvres, il suit mon raisonnement.
Toutes argumentations.
─ Monsieur je ne veux pas vous griller la politesse. 
─ …
─ Je suis simple civil. Un proche de la victime. D'autres de mes amis ont reçu des missives de l’assassin ; d’un goût douteux. C'est juste trouver un rapport avec l’affaire. Ensuite nous déguerpissons. Une simple brindille dans votre botte. Ne me laissez pas jouer le couplet « sans travail, orphelin à mes heures perdues. » Du réchauffé !
Le tenancier a le regard chancelant.
─ Dans cette affaire, j’ai tout à perdre. Je ne peux vous accordez plus de vingt minutes. Mes assistants prendront le relais. Ils feront en sorte de la bonne démarche des fouilles. Lieutenant, veuillez attendre votre protégé dans les starting-blocks.
Sans confrontation, l’officier délaisse le champ. La bataille en poche.
S’approchant de ses trophées, le directeur rajuste ses bacantes.
Accorde le propos.
─ L’histoire se répète… la proie chassant le loup du nid. Mon poste sera vacant l’année prochaine. J’ai livré des combats… pansées des blessures… vu des vies se perdre et ce jouer sur un coup de scalpel. Pour une fois, le rachat charge sur la colline. Quand vous m’avez conté votre fable moderne, je n’ai pu que vous brosser dans le sens du poil. La moralité sera la face noire du miroir. Par la suite, ne craignez personne, et gardez à l’esprit votre naïveté. La solution dans la mire, je vous l’assure. Mouche à coup sûr.
Le savoir de toute une génération gangrène ma conscience. Retour du disque pleine face. Des situations, des masques éphémères régissent l’univers. Tous quidams méritent la connaissance. Avec la célébrité en poche, la science reste cadenassée ; infuse dans un thé sans eau.
Toutes pensées internes fleurissent de l’éclat cérébral. Le rideau à peine tombé, je souris à en devenir intelligent. Mon compagnon d’après-midi d’arbitrer.
Histoire sans texte.

Pavillon P...
La pharmacie revêt sa croix (fardeau humanitaire).
Rouge sur fond blanc. Chaque sigle empreint d’assistanat dans une société. Serait-ce pervers de considérer la complexité d’ensemble !? Imaginez une métropole ou la difficulté régirait le tout : le moindre annuaire, ordinateur ou minitel seraient inopérant ; les nains sous-estimés ; les roulants sur fauteuils cubiques ; les vieux baignant dans l’excrément de la mondialisation ; les nouveau-nés, à la mort subite ; les leucémiques, les sidéens, crevant l'abcès géant ; les accidentés, l’inconscient généralisé ; les toxicos éviscérés par leur propre seringue, de leur propre chef ; les mentaux sous asile mortel. Planète ecstasy.
Retour à la surface.
La vitre coulissante se pointe sur le bout du nez. De ce périple fataliste, j’assume le grotesque du clown. La situation frappante ; le know-out de bonne guerre.
Sous mes globes, la faune médicale s’esclaffe de son semblant culturel. A la fraîche, sous-conditionné derrière bat-flanc, le petit dernier, merdeux de son état, rejette son prochain. Allure décadente, aspect répugnant, coiffure grasse non-conventionnée. Monsieur proclame son amour anarchique par l’idéogramme d’une feuille de cannabis en pendentif. Mégot d’une substance étrangère à toute légalité, main droite. Ouvrage érotico sado, dans l’autre.
Brandissant sa carte, réquisitoire passe-partout, Arno déstabilise le ganglion. L’animal se civilise au contact de l’ordre établi :
─ Le professeur Malesherbes vient de nous donner patte blanche. Mi novembre, le lendemain du vol de curare dans votre service, étiez-vous ici ?
─ Monsieur l’inspecteur. Je suis le rempart avec la société médicale qui m’entoure. Quel que soit le département de cet hôpital, les commandes meurent dans mon jargon. Je suis le roi de mon monde. Vous le gardien de votre paix.
─ Simple précision. Lieutenant de Police !
 Par pur caprice, le cône égare toute conscience. Le joint chancelle pour infiltrer la fibre. Le sursaut fait perdre l’équilibre à l’artiste. Sur le fil, il se cabre, roule, se courbe, dans sa chute singulière. Propre sur elle.
Honteux, il hisse la bévue au débat.
─ Sur l’instant, café en main, j’ai attaqué très tôt cette journée. L’inventaire semestriel étant la cause du branle bas. La veille, le service neurologique avait fait demander une certaine quantité pour les opérations à venir. J’ai rechigné à leur fournir, car j’en ai eu marre du foutage de gueule. A chaque recensement, le même scénario. Malgré cela, je n’ai pas pu leur refuser la primeur de la demande. La vie est en jeu, non un enjeu. Lors des comptes, je me suis aperçu la disparition de trente flacons.
─ Quel a été votre souci premier ?
La controverse fait rage.
L’orage s’éloigne peu à peu, vu l’ampleur des révélations.
Le petit Poucet raisonne à décharge.
─ Sous latex, j’ai fais le tour des étagères, des tiroirs, des armoires. Après inspection minutieuse, l’armoire où les anesthésies sont stockées, avait été pillée. Travail d’orfèvre. Les traces de pesées n’indiquaient aucune trahison, juste un léger suintement au niveau des gonds. Quant à la porte d’entrée, elle n’a pas été fracturée. Et le système d’alarme, neutralisé. Quant à la vidéo, elle n’a pas livré son secret. Eh, oui. L’âme flic… Concours loupé.
Stupéfait par la synthèse fardée de professionnalisme, l’officier s’efface. Il reconnaît l’erreur ; le jugement. L’éveil interne sape son raisonnement.
Salutation d’usage.
Désertion du sanctuaire.
Rattrapé par la torpeur, le pharmacien nous happe aux portes des sécurités.
─ Un détail m’est revenu. Le voleur a gravé sur le fer, Le protecteur. L’identité judiciaire en a fait des clichés.
Les chaussures sur l’asphalte, nous ne pouvons plus émettre.
La blouse blanche disparaît contre vent, contre marais.
Au grand désespoir des causes.

Bâtiment S.
Logique apparente.
Santé cocufiée.
Le PC décline tout narcissisme ; les deux vigiles, clones dans l’air du temps, préfigurent de la déshumanisation du cadre. Pas un bouton, pas une manette, pas un câble de la console, ne se lézardent sous le soleil… électrique. Le vaisseau survole l’entreprise. Une société épiée par le trou de la serrure. L’œilleton habile. Le malfaisant, dans l’apparence ; le bienfaisant, concurrentiel.
Le moustachu enclenche la première :
─ Que faites-vous ici ?
─ Lieutenant de Police Boussi. Nous sommes-là concernant le cambriolage, à l’automne. Quelques questions à vous poser. Aucune vidéo n’est mentionnée dans le dossier. Pourtant le fils prodigue du pavillon P, nous a fredonné le couplet sur l’installation. Tout le toutim. Sécurité hors norme.
─ Vos collègues de l’identité judiciaire ont visionné les cassettes. Décortiqués l’image, plan par plan.
─ Il n’apparaît aucune mention dans leur rapport, sur un quelconque enregistrement.
─ Je ne sais pas quoi dire. D’après le visionnage instantané, le mec était masqué et ganté. Juste deux orbites et une bouche apparaissent sur la vidéo ; sourire sadique. Ils n’ont pas semblé en vouloir. Sans intérêt à leur goût. L’auteur a arraché la caméra avant son départ. Mécontentement ou acte gratuit. Qui, sais-je !

L’hôpital s’efface à l’arrière du véhicule ; contre le pare-brise. Au loin, un présage crépusculaire ; des flocons broient le sol, dans un silence sans plomb.
Dans le dossier, les éléments s’empilent : un cambriolage sous assistance virtuelle ; une cassette inexploitable ; empreintes invisible. Que nous réserve la tendre Julie ! D’entre les morts, elle devient justice sans nom.
Le portable à l’oreille, le masque d’Arno se dessine en un sentiment de terreur. Sans passer la première, l’automobile décolle. De l’asphalte.
Le deux-tons résonne sous le manteau neigeux
De par les coulisses du quartier germain.

...Extrait de L'autre...

Par Driss Sébastian - Publié dans : 1er roman
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